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jardin secret - Errance

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J'avais juste envie de te confier quelque chose
qui fait partie du plus profond de mon intimité.

J'avais envie de te le dire, tout simplement ;
de t’ouvrir cet espace de moi-même que je protège
si jalousement des regards extérieurs.

C’est une forêt vierge à demi ignorée,
un bout de terrain vague aux confins des désirs,
un champ abandonné aux plus clandestins des fantasmes.
Dans cet endroit sauvage où nul ne met le pied, tu es mon invité.

Et te voilà te promenant, là,
dans les sous-bois de mon jardin secret,
marchant, courbé, sous les fougères de la moralité.
Hume-moi ce parfum de regrets
embaumant la prairie de mes jeunes années.
Il a l’odeur de l’erreur,
la fragrance entêtante d’une œuvre inachevée.

Caresse de ta douce main les rêves évanouis
jonchant le sol de mon existence.
Tu touches à l’essentiel, le plus mystérieux de mon espace de vie.

Regarde, regarde bien là où tu mets le pas,
tu marches dans mon cœur ;
et si tu n’y prends garde,
la terre humide et grasse ornera tes souliers.
Rassure-toi, c’est quelquefois signe de bonheur.

Profite du temps, mon ami, profite de la vie.

Et lorsque tu sortiras de cet endroit secret,
lorsque tu fermeras le portillon de bois,
regarde au bord du chemin,
au pied de la barrière, le myosotis y pousse ;
arrose-le de ton frais souvenir
et laisse-le mourir au proche hiver qui vient.
Un bouquet de rancœurs végétant sans lumière
t’indique le chemin vers la douce clairière.

Tu t'y es peut-être endormi sur le petit banc de pierre,
ou bien écoutes-tu la funeste oraison ?

A moins que tu ne sois assis,
les pieds dans l'eau fraîche du ruisseau de mes idées sauvages.
L’onde est claire et le son cristallin.
Elle se faufile entre les pierres de tourment
jusqu’à se perdre dans l’étang de l’oubli.

Peut-être encore, couché sur le dos
dans les herbes folles de mes sentiments,
regardes-tu le soleil à travers le feuillage de ma timidité.
Ne maudis pas la brise, elle fait trembler la feuille
et laisse le rayon de l’épanouissement
réchauffer mon âme d’un brin d’enchantement.

Découvre sous les ronces de tous mes excès,
la délicieuse fleur de la mélancolie.
Elle accueille l’abeille qui butine sans relâche
et va porter au loin nombre de souvenirs.
alain hénaff-mariot
2021
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